Écrire à Marc-Alain



webmaster

 

 

 


                      
NATURISME ET PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

par MARC-ALAIN DESCAMPS


Le naturisme a été un des mouvements précurseurs de l'écologie. Les premiers protestataires n'ont pas pu se taire devant le gâchis qui se développait de plus en plus. Et maintenant bien des thèmes écologiques, repris par d'autres, ne sont pas des nouveautés. Le grand débat de société sur l'environnement est effectivement engagé.
La protection de l'environnement doit-il être préféré à la protection de la nature et celle-ci peut-elle exister sans une écologie humaine intégrale ?

Tout le monde a soif d'espace, de liberté, d'air pur et de fleurs sauvages. Mais ce sont des denrées rares et elles ne se vendent pas comme des denrées alimentaires à un supermarché. L'homme n'est pas prêt à renoncer à tous les avantages des techno-sciences et à tous les progrès du confort moderne. Mais il ne veut plus cautionner tous ses excès. En particulier nous voyons le machinisme exacerbé aboutir à la civilisation des robots, qui se retourne contre l'homme. La nature étant menacée d'extinction et l'humanité a enfin réalisé qu'elle était, elle aussi, une espèce naturelle. D'abord et avant tout, faut-il ajouter. La nature est le milieu vital qui a produit l'homme et c'est aussi celui qui lui permet de se perpétuer. Il est vrai que nous recherchons une nature corrigée et protectrice et non la nature sauvage des catastrophes et cataclysme. L'homme a du se protéger des cyclones et ouragans, des inondations dévastatrices, des tremblements de terre et raz-de-marée, etc. Cette nature aménagée est celle que nous nommons l'environnement. Dans bien des plages et lieux de baignades le sable est maintenant amené par l'homme, comme parfois ici même.
La principale menace est moins dans la construction d'une société de machines, si sophistiquée soit-elle, que dans la recherche exacerbée d'une rentabilité maximale. La cause de tout est dans les principes économiques qui régissent une société. Plus que la technique, c'est l'argent, ou plutôt l'enrichissement rapide, qui sont la cause de bien des catastrophes. On pense, par exemple, à tous les lotissements dans les zones inondables, les coulées d'avalanches ou les lieux de glissement de terrain ...
Après avoir réagi contre les excès industriels, l'écologie en est actuellement à des réalisations de luxe. Réintroduire des ours, des loups ou des lynx n'est pas sans conséquence sur l'élevage des moutons, la transhumance et la vie en altitude. De même pour l'extension des parcs naturels, il a fallu composer avec les populations autochtones qui ne voulaient pas en être chassées.
Face à la protection de l'environnement, certains opposent la défense de la nature. Mais si la nature au sens strict, c'est ce qui n'a pas été modifié par l'homme, il faut bien reconnaître qu'il n'existe plus aucun milieu naturel en France. La nature est donc ce qui a été réaménagé. La campagne est devenue une steppe agro-industrielle en voie d'urbanisation. Mais il ne suffit pas d'instaurer une fiscalité verte pour éviter au contribuable trieur de payer la nouvelle politique de propreté sélective. Les poisons de la terre ne doivent plus se déverser librement avec les déchets radioactifs, le mercure, les acides des batteries et des piles, les huiles usées, les nitrates, la dioxine des incinérateurs ...

La notion fondamentale dans tous les processus naturels est celle d'équilibre. Pour l'homme, il s'agit de pouvoir compenser les excès en restant debout. Pour les forces en présence, l'équilibre est surtout une équilibration, c'est-à-dire une opposition des contraires. Dans les luttes des courants, l'homme cherche à rester un arbitre. De plus cet équilibre n'est pas celui de la station couché, au contraire il se veut tonique. Mais il doit aussi jouer dans le temps et ne pas hypothéquer l'avenir. Les générations futures ont des droit que nous devons respecter. Nos enfants doivent hériter d'une planète viable et vivifiante. On ne peut pas faire n'importe quoi avec les banques d'ADN, le clonage animal et humain, les créations transgéniques, etc. On n'a pas le droit de bricoler avec la vie, sans tenir compte des effets à long terme. Il est temps de comprendre enfin que les problèmes (et les solutions) ne sont pas locaux et nationaux, mais ils deviennent internationaux et planétaires. Les trous dans la couches d'ozone n'appartiennent pas à un seul pays. En un siècle notre population a doublé et nous sommes passés de trois à six milliards d'êtres humains et la pullulation doit être maîtrisée.

Il n'y a d'écologie valable que si elle prend en considération le naturisme. Il ne faut pas le considérer comme un simple lieu d'évasion, un îlot hors de la société humaine. Le projet naturiste est universaliste. L'on commence enfin à considérer la terre comme un organisme vivant qui se défend et maintient des invariants (constantes du CO2, du méthane, de la température, de l'albédo ...). Le but de cet être planétaire serait de perpétuer la vie par autorégulation. L'homme fait partie des processus naturels et il convient d'entendre ainsi l'écologie humaine. Oser vivre nu, c'est oser vivre libre. Le naturisme propose un art de vivre en tissant de nouveaux rapports humains fondés sur la franchise et la confiance. Il est une des chances du XXIème siècle, car c'est un mouvement du futur. Il a été en avance sur son temps, et il doit continuer à promouvoir ses idées. Le naturisme réintroduit la force explosive de la Nature pour transformer à la fois l'homme et la société. Pour être naturiste, vivez nature !

retour vers la page d'accueil


www.europsy.org/marc-alain
© marc-alain@descamps.org